La côte du géant français Michelin repart à la hausse

Le fabricant français de pneus Michelin a vu ses actions chuter au cours des trois dernières années, dégonflant de 13,78% à 106,10 euros. La faiblesse de sa division poids lourds, la concurrence de rivaux moins chers et des engagements de retraite élevés ont pesé sur le titre.

Michelin géant mondial

La Compagnie générale des établissements Michelin détient une part de marché mondiale de 14 % et est le deuxième fabricant de pneus derrière Bridgestone (14,6 %). Elle produit environ 200 millions de pneus par an, à partir de 117 usines dans 26 pays. L’entreprise compte trois divisions : voitures particulières, camions, et une unité spécialisée qui fabrique des roues pour les véhicules agricoles et aéronautiques et les engins de terrassement tels que les bulldozers et les pelles.

Alors que Michelin s’est concentré sur la croissance par la réduction des coûts et l’expansion géographique, principalement en Chine et en Amérique latine, il est apparu comme le gagnant de la pandémie et pourrait être en mesure de profiter de certains gains à court terme.

Après le déclin, le rebond

Comme de nombreuses entreprises, l’activité a été perturbée au début de la pandémie, les ventes ayant chuté de 15 % au cours des neuf premiers mois de l’année. Mais elle a rebondi : les ventes rapides n’ont baissé que de 5 % au dernier trimestre, et en octobre, Michelin a relevé ses objectifs pour l’ensemble de l’année.

La clé de la croissance à court terme est l’augmentation du nombre de personnes se déplaçant en voiture afin d’éviter les transports publics plus risqués pendant la pandémie. Par ailleurs, si la production automobile a souffert de la crise, 70 % des ventes de Michelin ont été réalisées avec des pneus de remplacement pour des véhicules existants plutôt qu’avec des voitures neuves.

Tom Narayan, un analyste de RBC Capital Markets, a noté la surperformance du titre, estimant qu’il augmentera de 12 % pour atteindre 119 euros. Christoph Laskawi, un analyste de la Deutsche Bank, a un objectif de prix de 115 €.

Michelin est basée à Clermont-Ferrand et emploie 127 000 personnes et a une valeur marchande de 18,1 milliards d’euros. Elle atteint un seuil de 12,8 fois les bénéfices attendus cette année et est évaluée comme ses pairs. Elle affiche un revenu net de 1,7 milliard d’euros pour 2019, contre 1,6 milliard d’euros pour un chiffre d’affaires de 24,1 milliards d’euros en 2018.